samedi 10 juin 2017

09/06 - LES MINES DU ROI SALOMON 
- QUE DIT L'ARCHÉOLOGIE? 

“Le poids de l’or qui arrivait à Salomon en une année se montait à 666 talents.” — 1 Rois 10:14.
SELON ce verset de la Bible , le roi Salomon recevait en une seule année plus de 25 tonnes d’or ! Au cours d’aujourd’hui, cette quantité d’or vaudrait 1,6 milliard de francs français. Elle représente presque le double de la production mondiale pour l’année 1800. Cela est-il possible ? Que révèlent à ce sujet les découvertes archéologiques ? Comme nous allons le voir, elles montrent que la richesse de Salomon, telle qu’elle est décrite dans la Bible , est tout à fait vraisemblable. Voici deux exemples choisis dans "la Revue d’archéologie biblique" (angl.) :
Le pharaon égyptien Thoutmosis III (deuxième millénaire avant notre ère) offrit environ 13,5 tonnes d’objets en or au temple d’Amôn-Râ, à Karnak — et ce n’était qu’une partie du don.
Selon des inscriptions égyptiennes, le pharaon Osorkon Ier (début du premier millénaire avant notre ère) fit don aux dieux d’un total d’environ 383 tonnes d’or et d’argent.
Par ailleurs, le volume Grèce classique de la collection "Les grandes époques de l’humanité" (angl.) donne les indications suivantes :
Les mines de Pangée, en Thrace, produisaient plus de 37 tonnes d’or par an pour le roi Philippe II de Macédoine (359-336 avant notre ère).
Lorsque le fils de Philippe, Alexandre le Grand (336-323 avant notre ère), prit la ville de Suse, capitale de l’Empire perse, on y découvrit parmi les trésors environ 1.200 tonnes d’or.

Ainsi, la description que fait la Bible de la richesse de Salomon n’a rien d’extraordinaire. Il faut également se souvenir qu’à son époque Salomon était “ plus grand que tous les autres rois de la terre en richesse et en sagesse ”. — 1 Rois 10:23.

Comment Salomon a-t-il utilisé sa richesse ? Son trône était recouvert “ d’or affiné ”, sa vaisselle était “ en or ” et il possédait 200 grands boucliers et 300 petits boucliers “ en alliage d’or ”. (1 Rois 10:16-21.) Mais, chose plus importante, l’or de Salomon a aussi servi de matériau pour la construction du temple de Jéhovah à Jérusalem. Les porte-lampes et les ustensiles sacrés (fourchettes, bols, cruches, bassins, etc.) étaient faits en or et en argent. Les chérubins du Très-Saint, qui mesuraient environ 4,50 mètres de haut, l’autel de l’encens ainsi que tout l’intérieur du temple étaient recouverts d’or. — 1 Rois 6:20-22 ; 7:48-50 ; 1 Chroniques 28:17.

Faut-il vraiment croire à ce temple plaqué d’or ? 
Il est intéressant de remarquer que cette utilisation de l’or n’était pas du tout inhabituelle dans le monde antique. Selon la Revue d’archéologie biblique, le pharaon Aménophis III “ fit construire à Thèbes, en l’honneur du grand dieu Amôn-Râ, un temple ‘ entièrement plaqué d’or, dont le sol était orné d’argent et les portails d’électrum ’ ”, un alliage d’or et d’argent. En outre, Ésar-Haddôn, roi d’Assyrie (VIIe siècle avant notre ère), recouvrit d’or les portes et les murs du sanctuaire d’Ashour. À propos du temple de Sîn, à Harân, le roi babylonien Nabonide (VIe siècle avant notre ère) fit inscrire ceci : “ J’ai habillé ses murs d’or et d’argent ; je les ai fait briller comme le soleil. ”
Ainsi, le témoignage de l’Histoire donne à penser que le récit biblique n’exagère pas la richesse du roi Salomon.

Aux jours de David et de Salomon, rois de l’ancien Israël, on ramenait d'Ophir des quantités fabuleuses d’or. On pense que la plus grosse partie de l’or de cette époque venait d’Ophir. Selon le premier livre biblique des Chroniques, chapitre 29, verset 4, le roi David aurait fait don de 3.000 talents d’or en provenance d’Ophir pour la construction du temple de Jérusalem. Pareille quantité d’or aurait aujourd’hui une valeur de plusieurs centaines de millions de francs. Les navires de commerce de Salomon rapportaient régulièrement d’Ophir de grandes quantités d’or (I Rois 9:26-28). Il y avait alors tant d’or que l’argent était considéré comme de peu de valeur. — I Rois 10:21.

Aujourd’hui, des géologues pensent avoir trouvé les “mines du roi Salomon” en Arabie saoudite. Dans une région montagneuse, entre La Mecque et Médine se trouve un territoire qu’on appelle le “Berceau d’or”. C’est là que ces géologues ont découvert une mine d’or abandonnée. Entre autres choses, ils ont trouvé des millions de tonnes de résidus qui avaient été abandonnés par les mineurs et qui contenaient encore des traces d’or. Des milliers de massettes et de meules, qui servaient à extraire l’or du minerai, jonchaient les pentes de la mine. Le géologue Robert Luce déclara : “Nos recherches ont maintenant démontré que cette ancienne mine a pu être aussi riche que l’indiquent les récits bibliques.”

Le trésor des îles Salomon
Certains récits situent ces “mines” en Afrique, d’autres en Asie. Mais selon une théorie qui prévalait dans l’Espagne du XVIe siècle, cette énorme source de richesses se trouvait sur un mystérieux continent vers le sud.
En l’an 1568, la petite flotte de l’Espagnol Álvaro de Mendaña de Neyra recherchait dans le Pacifique Sud ce continent au trésor. Elle découvrit un archipel qu’on nomma “les îles Salomon”, mais on ne mit la main sur aucun trésor caché qui aurait justifié cette appellation. Tout au plus les îles produisaient de maigres quantités d’or et de métaux précieux.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, de rudes batailles ébranlèrent la paix de l’archipel qui acquit ainsi une notoriété bien différente. Les combats de jungle ont laissé des cicatrices, car on retrouve encore le dessin des tranchées, et des débris de chargeurs rouillés parsèment les îles. Après la guerre, celles-ci semblaient devoir reprendre leur paisible vie tropicale, mais récemment une série d’événements inattendus a remis en mémoire la chasse au trésor de Mendaña.
Tout a commencé un jour de 1963, quand le Craestar jeta l’ancre devant la petite ville de Kieta, principal établissement de Bougainville, la plus grande des îles Salomon. Un hélicoptère s’envola de son pont et atterrit dans la vallée de Panguna, à vingt-quatre kilomètres à l’intérieur des terres. On avait trouvé de l’or à cet endroit, mais en quantité insuffisante pour justifier des travaux d’extraction sur une grande échelle. Cette fois, cependant, le mot magique était “cuivre”.
À la suite de la décision prise ce jour-là, une exploitation minière importante vit le jour et elle contribua au développement de l’industrie en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Les îles Salomon les plus septentrionales, Bougainville et Buka, font en effet partie, avec la Papouasie , de la Nouvelle-Guinée sous tutelle australienne.
Depuis un moment déjà, les compagnies internationales s’intéressaient aux 880 millions de tonnes de minerai de cuivre et d’or qu’on estimait devoir se trouver à cet endroit. Et puis, finalement, on a commencé a extraire les trésors de cuivre du sous-sol des îles Salomon. On était pourtant loin du rêve de Mendaña qui espérait simplement remplir ses poches de pépites d’or et de gemmes étincelantes.

Des préparatifs importants
Bougainville n’avait virtuellement aucune industrie. La plupart de ses 78.000 habitants vivaient d’agriculture. Aussi, établir une mine de cuivre allait entraîner des préparatifs importants. Il fallait ouvrir une route entre Panguna et la côte, ce qui n’était pas une tâche aisée à cause du climat et du terrain accidenté.
Les difficultés étaient énormes. Pendant le mois le plus sec, il tombe sur cette région plus de 17 centimètres de pluie. En outre, la route devait franchir un col de quelque 1.000 mètres et contourner des pentes raides. Par moments, on attachait ensemble avec des chaînes deux bulldozers et l’on conduisait le premier sur la pente escarpée, en espérant que le second empêcherait le premier de plonger dans le précipice.
Le matériel hydraulique exigeait de grandes quantités d’eau. Aussi une station de pompage amenait-elle l’eau du Jabba par une conduite de 75 centimètres de diamètre. Quant à l’énergie électrique, nécessaire jour et nuit, elle était fournie par une centrale de 135 mégawatts située à Anewa Bay, distante de vingt-quatre kilomètres. On a également creusé la baie pour permettre à des navires de 40.000 tonneaux d’approcher du nouveau quai de 75 mètres.
Bref, il a fallu neuf années de travail et l’équivalent de 3 milliards de francs français avant que la première cargaison du précieux métal pût être extraite et envoyée à des clients au Japon, en Espagne et en Allemagne de l’Ouest.

L’extraction du cuivre dans la jungle
Quelle chose curieuse que l’extraction du cuivre au milieu de la jungle ! Bougainville possède l’une des plus grandes mines de cuivre à ciel ouvert du monde. À partir du sommet d’une colline proche, vous pourriez apercevoir une excavation capable d’engloutir la ville de Sydney tout entière. Des trous d’une profondeur de dix-huit mètres sont prêts à recevoir les explosifs.
Ici le procédé d’extraction est coûteux. Il faut six gigantesques pelles électriques et cinquante-deux camions pouvant transporter chacun cent tonnes de minerai. Ce matériel à lui seul coûte plus de 95.000.000 de francs français. Dès que les explosifs ont fait leur office, les pelles électriques entrent en action. Elles attrapent d’énormes quantités de minerai qu’elles déversent dans les camions qui attendent. Malgré la capacité de ces camions, ils sont remplis en quatre coups de pelle.
Ensuite, le minerai est conduit vers le premier des trois broyeurs. Des 160.000 tonnes de minerai introduites chaque jour dans le premier broyeur, seules 90.000 en sortent comme cuivre concentré. Le minerai passe ensuite dans le second broyeur où il est réduit en morceaux d’environ 15 centimètres qui deviennent plus petits encore après avoir traversé le troisième broyeur. Le tout est alors transporté vers un grand bâtiment où a lieu la pulvérisation.
Les douze moulins utilisent, pour pulvériser le minerai, des boules d’acier de la dimension de balles de tennis. Quoique ces boules semblent très solides, elles ne résistent pas longtemps à un traitement aussi rigoureux. Récemment, il a été livré aux moulins 11.000 tonnes de boules, mais dans 6 mois elles seront toutes usées.
Des moulins, le minerai est transporté jusqu’au concentrateur. Là, le cuivre est placé en solution avec certains produits chimiques appelés “collecteurs”. Quand des bulles d’air sont introduites dans la solution, les collecteurs, en même temps que le cuivre, montent à la surface où on les prélève. La solution de cuivre épaissie voyage alors dans une conduite d’environ treize centimètres de diamètre jusqu’aux réservoirs d’emmagasinage à Anewa Bay. Là, le concentré attend l’arrivée des bateaux qui l’emmèneront vers les clients d’outre-mer.

Avantages pour les habitants
L’extraction du cuivre dans les îles Salomon est une grande source de profit. L’économie a pris un rapide essor depuis que la première cargaison de concentré a quitté les îles en 1972. En 1973, on a réalisé un bénéfice de un milliard de francs français environ. Qui a tiré avantage de cela ?
Pour le moment, la grande compagnie minière Conzinc Rio Tinto of Australia Limited possède plus de 52 % des actions et le gouvernement de Papouasie en a 20 %. Le reste est entre les mains du public, y compris plus de 9.000 habitants de Papouasie, qui ont ainsi eu l’occasion de profiter de cette abondante source de richesse.
On s’est également efforcé de recruter des travailleurs parmi la population locale, partout où c’était possible. C’est ainsi que des indigènes sont camionneurs ou employés et que l’un d’eux est même le médecin de la compagnie. On a aussi pris des dispositions sur place pour former des apprentis et on a organisé des cours.

Quelques problèmes
Mais l’exploitation a également suscité des problèmes. Un coup d’œil sur la couleur gris noir des eaux révèle que Bougainville souffre à présent de la pollution, mais pas autant que les autres nations industrialisées. On essaie de résoudre ce problème, de même qu’on cherche à utiliser les déchets pour la culture, soit tels quels, soit traités. Aussi existe-t-il de petits lopins de terre expérimentaux où l’on fait pousser des légumes et des fruits tropicaux.
Autre problème : certaines personnes ont dû abandonner la propriété familiale. Elles ont cependant été indemnisées, ce qui leur a permis d’acheter une maison en dur à la place de leur ancienne habitation primitive. Grâce à l’indemnité, quelques-uns ont même pu acquérir un camion de fabrication japonaise.
Malgré cela, nombre de gens à Bougainville étaient déçus, surtout ceux de l’ancienne génération, pour qui la propriété familiale a plus de valeur que l’argent. Aussi l’effervescence régnait parmi le peuple au début des travaux, et la police a dû intervenir pour réprimer des troubles. Cette animosité n’a pas encore complètement disparu.

Les sentiments fortement séparatistes d’une partie de la population de Bougainville sont un autre point noir. Certains habitants, à la peau sombre, estiment avoir des liens ethniques plus étroits avec le peuple des îles Salomon méridionales, un protectorat britannique, qu’avec celui de Nouvelle-Guinée, à la peau plus claire, dont ils parlent souvent avec mépris. Comme on pouvait s’y attendre, d’aucuns estiment que les richesses de l’île devraient servir à son développement et ne pas être partagées avec la Papouasie et d’autres régions de Nouvelle-Guinée.
Comment tous ces problèmes seront-ils résolus ? Évidemment, la mine apportera de nombreux avantages matériels aux habitants de l’endroit. Ils bénéficieront de salaires élevés, ce qui signifiera un niveau de vie différent pour beaucoup d’entre eux. “Différent” cependant ne veut pas nécessairement dire “meilleur”. Très souvent, la prospérité matérielle amène le relâchement des mœurs (I Tim. 6:9, 10). Le peuple des îles Salomon et de Nouvelle-Guinée résistera-t-il à l’influence corruptrice des richesses ? L’avenir nous le dira.
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BOUGAINVILLE ET SA MINE


Après 10 ans de conflits, le gouvernement de Papouasie Nouvelles-Guinée et les séparatistes de l’île parviennent à un accord prévoyant la création d’un gouvernement autonome et la tenue d’un référendum sur l’indépendance de l’île. Ce référendum doit avoir lieu entre 2015 et 2020.
Les problèmes écologiques et économiques liés à l’exploitation de l’une des plus grandes mines de cuivre du monde, la mine de Panguna sont à l’origine de la guerre. Le gouvernement et la majorité de la population sont à présent pour la réouverture de l’exploitation minière. En effet, les profits de la mine pourraient garantir l’autonomie de l’île.
Mais Philip Mironi, le chef du groupe indépendantiste Me’ekamui explique pourquoi son groupe s’oppose à la réouverture avant la tenue du référendum sur l’indépendance. C’est selon lui le seul moyen de s’assurer que les revenus générés ne soient pas siphonnés par le gouvernement papou. La répartition des profits de la mine a été l’un des déclencheurs de la guerre civile. Elle assurait 17% des revenus du gouvernement papou. Tandis que les propriétaires coutumiers se sentaient spoliés.
P. F. Burgo
Dix ans après l’accord, Bougainville attend encore la paix

La bible dans toutes les langues :
http://www.lexilogos.com/bible_multilingue.htm

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