vendredi 12 juin 2015

12/06 - GRÈCE/RUSSIE, 
LES ACCORDS AUTOUR DU GAZ.
Washington veut contrer les initiatives du russe Gazprom. 

21/04/2015
La Grèce se dit optimiste sur un accord énergétique avec Gazprom
«Le gazoduc intéresse grandement notre pays et figure parmi nos priorités», a dit le ministre grec de l’Énergie à l’issue d’une rencontre à Athènes entre Alexeï Miller, le patron de Gazprom, et le Premier ministre grec, Alexis Tsipras - Petros Giannakouris/AP/SIPA
La visite du directeur du Gazprom à Athènes a permis de faire avancer le projet de gazoduc «Turkish Stream».
S’il n’a pas cessé de répéter qu’il ne demanderait aucune aide financière directe à Moscou, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, n’a jamais nié qu’il négociait avec la Russie sur différents dossiers énergétiques. Les déclarations, mardi, du ministre grec de l’Énergie, Panagiotis Lafazanis, à l’issue de la visite à Athènes du patron du géant gazier russe Gazprom ont confirmé que les deux pays comptaient bien exploiter leurs intérêts communs dans ce domaine.

Turkish Stream
Le premier chantier concerne le gazoduc que Moscou veut construire pour contourner l’Ukraine. Après avoir dû renoncer en décembre dernier au projet South Stream emmenant le gaz russe vers l’Union européenne via la mer Noire, Gazprom songe désormais à construire le «Turkish Stream, un pipeline qui traverserait la Turquie jusqu’à la frontière gréco-turque. «Le gazoduc intéresse grandement notre pays et figure parmi nos priorités», a confirmé, mardi, le ministre grec qui a ajouté «conclure un accord très prochainement». La construction d’une extension de ce gazoduc, baptisé le Turkish Stream, sur le territoire grec serait financée par les Russes et Athènes pourrait se voir accorder une avance sur les futurs droits de transit du gaz. Le «Spiegel» assurait, dimanche, qu’Athènes pourrait toucher jusqu’à 5 milliards d’euros rapidement dans le cadre d’un tel contrat, une information que le porte-parole du président Poutine a toutefois démenti depuis. De toute façons, un tel projet ne pourra voir le jour que si la Russie et la Turquie signe formellement un accord. Or pour l’instant, Ankara continue de négocier âprement avec Gazprom.


Un rabais sur le gaz
Parallèlement à ce projet d’envergure, Athènes aimerait obtenir un rabais sur le prix de son gaz. La Grèce dépend à 60 % de la Russie pour ses importations de gaz et elle verse une facture 16 % plus élevée que la moyenne des livraisons de Gazprom en Europe, selon Bloomberg. Gazprom peut se permettre d’accorder une ristourne à la Grèce : «Cela ne représente pas un effort insurmontable pour le groupe, alors que trouver un allié en Europe est tout à fait crucial», estime Maxim Kornilov, analyste chez Alfa-bank.
Deux facteurs menacent cependant le rapprochement entre la Grèce et la Russie. En premier lieu, Bruxelles pourrait annoncer, mercredi, le lancement d’une procédure contre Gazprom qu’elle soupçonne d'entraves à la concurrence. Si Bruxelles se lançait dans ce bras de fer, il est probable que Gazprom déciderait de geler ses pourparlers avec la Grèce. Ensuite, le gouvernement grec prend des risques à entrer dans une coopération trop étroite avec Moscou. On se souvient que c’est sous la pression de Bruxelles que la Bulgarie avait renoncé en décembre à accepter le passage du pipeline du South Stream. Les Européens n’avaient alors aucune envie de faire plaisir à Poutine en plein conflit ukrainien. Athènes a sans doute intérêt à patienter un peu pour ne pas anéantir toutes ses chances d’un accord financier avec l’Europe.
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Grèce: Washington veut contrer les initiatives de Gazprom
La proposition du russe Gazprom de construire un gazoduc en Grèce a été au centre d'entretiens gréco-américains aux Etats-Unis.
Les Etats-Unis ont l'intention de faire une contre-proposition à Athènes suite à l'initiative du groupe gazier russe Gazprom de poser un gazoduc en Grèce pour livrer du gaz russe en Europe, a annoncé jeudi le ministre grec des Affaires étrangères Nikos Kotzias cité par l'agence ANA-MPA.
"Gazprom nous a fait une belle offre. Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a déclaré que les Etats-Unis seraient prêts à faire une contre-proposition et que le représentant spécial du département d'Etat pour les questions énergétiques internationales Amos Hochstein se rendrait à Athènes d'ici quelques jours", a indiqué le ministre Kotzias, en visite de cinq jours aux Etats-Unis.

Le gazoduc Turkish Stream ira-t-il jusqu'en Grèce?
La proposition de Gazprom de construire un gazoduc en Grèce et de signer un accord russo-grec sur la livraison de gaz à prix réduit pour une période de 10 ans a été au centre des entretiens entre MM.Kotzias et Kerry.
Selon M.Kotzias, les négociations gazières russo-grecques sont dictées par des raisons purement économiques. Mais selon les médias, l'intérêt de Gazprom pour la Grèce s’inscrit dans la lutte contre les efforts des Etats-Unis visant à garantir l'indépendance de l'Europe centrale et de l'Est envers les produits énergétiques russes.
Athènes ne voit pas de raisons de renoncer à la coopération avec Moscou d'autant que la Turquie entend accueillir un gazoduc de Gazprom qui atteindra les frontières européennes, a conclu le ministre.

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