jeudi 11 juin 2015

11/06 - TURQUIE : EXPLOSIONS MORTELLES

LORS D'UN MEETING D'UN PARTI KURDE.

La Turquie est un point chaud de la planète ! Ils font partie de l’Otan, mais se rapprochent de la Russie, ce qui ne plait pas à tout le monde.

Les déflagrations se sont produites à proximité d'un transformateur électrique.
À deux jours des élections législatives, deux personnes ont été tuées et au moins cent autres ont été blessées vendredi à Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie dans deux explosions d'origine indéterminée survenues lors d'une réunion de campagne du principal parti kurde.

Deux personnes ont été tuées et au moins cent autres blessées ce vendredi dans le sud-est de la Turquie dans deux explosions d'origine indéterminée survenues lors d'une réunion de campagne du principal parti kurde, à deux jours des élections législatives.
Ces déflagrations, dont l'une très puissante, se sont produites à proximité d'un transformateur électrique situé sur une place de la grande ville de Diyarbakir, où des dizaines de milliers de partisans du Parti démocratique du peuple (HDP) étaient réunis pour entendre leur chef de file Selahattin Demirtas. Selon un premier bilan fourni vers 21h par le ministre de l'Agriculture Medhi Eder, originaire de Diyarbakir, au moins deux personnes sont mortes et plus d'une centaine ont été blessés, dont certaines très grièvement. Des sources hospitalières ont évoqué le chiffre de 133 blessés, dont 25 dans un état jugé extrêmement sérieux.
Les premières informations ont situé l'origine de la plus puissante explosion dans un transformateur électrique, mais le ministre de l'Energie Taner Yildiz a remis en cause cette hypothèse, situant son origine à «l'extérieur» de l'installation. «Notre inspection a clairement montré que la source de l'explosion n'était pas le transformateur», a affirmé Taner Yildiz devant la presse.
Le président Recep Tayyip Erdogan a estimé qu'il s'agissait d'une «provocation» destinée à troubler la paix et l'ordre avant les élections. Dans un communiqué, il exprime sa tristesse et ses condoléances aux familles des victimes et annonce qu'une enquête a été ouverte.
Cet incident, le plus grave survenu depuis le début d'une campagne législative tendue et émaillée de violences, a provoqué une violente réaction des militants du HDP, qui ont jeté des pierres sur les forces de l'ordre chargées d'assurer la sécurité de la réunion. La police est intervenue avec du gaz lacrymogène et des canons à eau pour les disperser. Demirtas, qui s'apprêtait à prendre la parole devant ses partisans au moment des explosions, a rapidement appelé ses troupes au calme. «Nos amis doivent être très prudents et ne pas céder à la provocation», a insisté le dirigeant kurde. «Ils (nos adversaires) veulent créer la panique et le chaos (...), la paix l'emportera», a-t-il également écrit sur son compte Twitter.
La campagne électorale des législatives a été le théâtre de nombreuses violences
En campagne à Gaziantep (sud), le premier ministre Ahmet Davutoglu a lu aussi tenté de calmer les esprits en promettant une enquête rapide sur les événements. «Nous allons déterminer s'il s'agit d'une explosion de transformateur, d'une attaque ou d'une quelconque provocation», a-t-il déclaré. Des échauffourées étaient encore en cours vendredi soir dans plusieurs quartiers de Diyarbakir entre des jeunes militants kurdes et la police, selon un correspondant de l'AFP.
Depuis plusieurs semaines, la campagne électorale des législatives a été le théâtre de nombreuses violences, qui ont pour l'essentiel visé le HDP. Mercredi soir, le chauffeur d'un car portant les couleurs de ce parti a été tué à Bingol (est) par des tirs d'origine inconnue. Et le mois dernier, deux explosions s'étaient produites aux quartiers généraux du HDP à Adana et à Mersin (sud), faisant plusieurs blessés.
Le score qu'obtiendra dimanche le HDP fait l'objet de toutes les attentions. S'il franchit la barre des 10% des voix, requise pour entrer au Parlement, il devrait obtenir une cinquantaine de sièges de députés et pourrait ainsi priver le parti du président Recep Tayyip Erdogan des 330 députés dont il a besoin pour faire passer une révision constitutionnelle qui lui permettrait de renforcer ses pouvoirs. «Nous participerons à ces élections et nous passerons la barre des 10%», a réaffirmé Demirtas après la double explosion de Diyarbakir. Au pouvoir depuis 2002, le Parti de la justice et du développement (AKP) est le favori du scrutin de dimanche, mais il est en nette perte de vitesse.

«Le Figaro»


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