jeudi 16 octobre 2014

16/10 - LA FIN DU CAPITALISME EN MARCHE!
 Une mode qui va dans le bon sens :
 la Sharing economy, le partage de biens.
De plus les gens vont enfin recréer des liens !!
C'est tout bon. Nous passons de l'avoir à l'être.

Super reportage passé sur ARTE.

Utiliser à plusieurs au lieu de posséder seul : cette pratique vieille comme le monde, tombée en désuétude avec l’individualisme moderne, prend une autre dimension grâce aux nouvelles technologies. Sur le long terme, ce concept de "sharing economy" (ou économie du partage) pourrait forger un nouveau modèle social et représenter un mode de consommation alternatif. Le réalisateur Jörg Daniel Hissen sillonne la France et l'Allemagne à la rencontre de ceux qui participent à l'essor de cette pratique. Comment fonctionnent leurs projets ? Quels sont leurs enjeux et leurs conséquences ?
La sharing economy met ainsi à profit les nouvelles possibilités qu'offrent les réseaux sociaux pour répondre à l'impératif d'une consommation plus durable et moins nocive pour l'environnement.

Un business comme les autres ?
Berceau de l'économie du partage, San Francisco a vu naître et se développer les premiers modèles d'entreprise inspirés des technologies numériques. Depuis le début de la décennie, les start-up de consommation collaborative y voient le jour à un rythme effréné.
À Séoul, la municipalité, confrontée à de nombreux problèmes sociaux, soutient activement la sharing economy afin de rendre la capitale sud-coréenne plus humaine et durable. Toutefois, certains acteurs de l'économie traditionnelle voient ce boom d'un mauvais œil.
En Europe, de nombreuses voix appellent désormais à une réglementation intelligente de l'économie collaborative. En fait, les autorités et les législateurs cherchent avant tout à comprendre ce nouveau secteur.

Face au "sharing", un besoin de réglementation ?
De nombreuses voix appellent à une réglementation intelligente. En fait, les autorités et les législateurs cherchent avant tout à comprendre ce nouveau secteur. Seule certitude : ce concept né de la révolution numérique est en passe de changer durablement nos façons de vivre et de consommer...

Vous retrouverez les belles initiatives dont il est question dans ces vidéos en fin d'article.

Vidéos à voir dans votre fauteuil devant les replays d'ARTE :


ou Ici sur l'article de "La Tribune", ainsi que celle qui suit :

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Entretien avec l'essayiste américain Jeremy Rifkin :
Le capitalisme va, à mon avis, s'écrouler bien avant que ce monsieur ne le pense !

"La nouvelle société du coût marginal zéro"
Dans son dernier ouvrage, "La nouvelle société du coût marginal zéro" (éditions Les Liens qui Libèrent), il livre sa vision de ce que sera le monde après la fin annoncée du capitalisme : une société fondée sur une économie du partage et de la collaboration.

Émilie Aubry s'entretient avec l'essayiste, auteur d'une vingtaine de best-sellers, dont "une nouvelle conscience pour un monde en crise", "Le rêve européen", "La fin du travail", ou "La troisième révolution industrielle".
Dans son dernier ouvrage "La nouvelle société du coût marginal zéro", aux éditions "Les Liens qui Libèrent", il nous livre sa vision de ce que sera le monde après la fin annoncée du capitalisme : une société fondée sur une économie du partage et de la collaboration, qui s'appuiera sur les opportunités offertes par les nouvelles technologies numériques.


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Et l'économie dans tout ça!?
Article du "nouvel économiste du 31 juillet, un peu intello, lui aussi va devoir changer :
"Sharing economy" : le phénomène C to C.
Comment l'économie de partage va bouleverser les modes de consommation? :
Voilà bien une casseuse de code bouleversant tranquillement les modes de consommation, les comportements, les usages. L’économie de partage transforme les habitudes au gré de sa montée en puissance. Époustouflante. Ce qui aurait été impossible sans le net est, de surcroît singulièrement amplifié par la crise. En période de disette de pouvoir d’achat, louer son appartement, son auto, ses outils, quelques jours par mois réjouit les deux consommateurs.
Ce modèle C to C ne serait pas viable sans ces plate-forme d’intermédiation qui jouent un rôle déterminant dans cette rencontre «gagnant gagnant». La confiance est la clé de ces transactions dont le coût est devenu négligeable grâce au numérique. Reste à inventer de nouvelles règles du jeu pour rendre compatibles ces nouveaux acteurs avec leurs concurrents traditionnels confrontés à d’autres logiques économiques.
Jean-Paul F. gagne de l’argent avec tout ce qu’il possède. Il loue son Audi aussi facilement qu’une partie de son loft, son appareil photo, sa tondeuse à gazon, vend les cakes mitonnés par son épouse (pas son épouse ou il ne le dit pas :-)  qui, elle, propose également à la location ses robes du soir, son jardin qui abrite régulièrement quelques barbecues festifs. Le consom-acteur a de la ressource. “Un jour, nous regarderons le XXe siècle et nous nous demanderons pourquoi nous possédions autant de choses”, affirmait il y a peu Bryan Walsh dans Time Magazine qui consacrait la consommation collaborative comme l’une des dix idées amenées à changer le monde. Ce basculement des valeurs de possession vers celles d’usage transforme les comportements.
Les mentalités aussi. N’accepte-t-on pas désormais d’accueillir des inconnus sous son toit, sur sa banquette arrière, au volant de son auto ou dans son jardin ? Il est vrai qu’utiliser une superbe perceuse un quart d’heure par an, une auto 5 % du temps peut faire réfléchir. De l’amateurisme marginal, confidentiel sur fond d’utopie généreuse, ce phénomène bascule dans un professionnalisme généralisé grâce au Web. Formidable accélérateur couplé au booster de la crise. Ils se conjuguent pour bousculer très sensiblement des pans entiers de la consommation – l’hôtellerie, la location de voiture, la vente de biens d’équipement et bien d’autres.
“L’économiste serait bien incapable de situer l’importance du phénomène en poussière de PIB tant cette activité est souterraine, les transferts entre ménages échappent totalement à la focale de la comptabilité nationale… seule chose incontestable que nous pouvons observer, cette économie est en puissant développement”, explique Philippe Moati, professeur d’économie à l’université Paris-Diderot, co-président de l’Observatoire Société et Consommation.

Nouvelle loi d’airain de cette économie de partage – troc, échange, location –, superbe casseuse de codes qui monte en puissance, la mutualisation de la propriété devient un exercice non seulement des plus rentables, mais des plus vertueux. Grâce à Internet, il est désormais possible d’optimiser l’usage des biens que l’on possède en partageant leur usage avec d’autres. Aussi épatant que durablement correct. La crise n’a fait qu’accélérer ces potentialités. La conjonction de ces deux accélérateurs provoque un décollage impressionnant de ces activités.
Selon le magazine Forbes, la “sharing economy” pèserait ainsi 3,5 milliards de dollars en 2013, en progression de 25 %. Sans doute grâce aux 200 start- up s’intéressant à cette révolution qui tente de bouleverser les modes de consommation. Déjà, la plateforme communautaire Airbnb permettant de trouver un appartement a favorisé la réservation de quelque 10 millions de nuits dans plus de 33 000 villes et 192 pays. La France est d’ailleurs son deuxième marché avec 27 000 logements disponibles. 3 millions de personnes dans 235 pays ont déjà “couchsurfé” et plus d’un million de candidats inscrits au covoiturage l’ont déjà hissé au rang d’alternative crédible au transport en commun.


Pionniers suivis par un foisonnement d’initiatives témoignant d’une belle créativité : plateformes de location de places de parking (Parkatmyhouse.com ou Parkcirca.com), de partage d’un taxi (Taxi2 , Taxistop), de stockage d’objets dans des entrepôts physiques, mis à disposition par des particuliers ou des entreprises (Storpod ), de location de vêtements à la dernière mode (Fashionhire, Rent The Runway …).
S’inspirant des sympathiques vide-greniers de villages, Thierry Weil les a virtualisés sur la Toile sur son site “debarrachezmoi.com” et donne ainsi une visibilité décuplée à cette maison à vider, cette succession à régler. Ce déballage gratuit attire déjà 50 000 visiteurs par mois. 


La diète de pouvoir d’achat, le chômage ont transformé en opportunités ces nouvelles offres et possibilités. “La crise rend ces modèles plus efficients et résistants car ils nécessitent peu de ressources financières. Les préoccupations de développement durable y trouvent une réponse satisfaisante et les valeurs sociales et économiques créant du lien, en phase avec les préoccupations de l’époque, y sont également satisfaites”, note Bruno Berthon, managing director chez Accenture.
Révolution multiforme donc, ses dimensions sociologiques, sociétales, environnementales et sociales sont au moins aussi conséquentes que les composantes économiques de ce nouveau mode de consommation qui suscite d’ores et déjà des vocations enthousiastes d’entrepreneurs. Les mises de fonds y sont plus légères que dans les business models “capitalistes” classiques et le rendement est souvent bien supérieur. Bref la “sharing economy” est actuellement l’un des terreaux les plus fertiles pour les start-up. De véritables défricheurs.

Un nouveau Far West
“On sent chez les étudiants une forte dynamique entrepreneuriale pour ces modèles alternatifs, en phase de structuration et de professionnalisation. Souvent encore en phase d’expérimentation, comme ces plateformes de microfinance. Cela va souvent de pair avec un engagement associatif et permet de sortir des codes réglementaires. De rénover des activités traditionnelles”, constate Olivier Delbard, professeur d’économie à l’ESCP.
L’air de rien, avec l’économie de partage, on assiste à une innovation de rupture, un modèle alternatif de consommation vers lequel pourraient bien basculer des pans entiers de l’activité. Plus respectueux de l’économie durable, par sa valorisation plus astucieuse des biens passant de main en main, que la civilisation du tout-acquisition, ces modèles de consommation alternatifs sont très séduisants pour les jeunes générations.
Ils font aussi singulièrement bouger les lignes de la consommation classique et cassent les codes de nombreux métiers. Bien démarrée en Europe du Nord, en Grande-Bretagne, cette tendance concerne dorénavant aussi bien les pays très développés comme le Japon que les plus dynamiques des émergents, tel le Brésil. Au tout début, il y a quelques années, au vingtième siècle, ces tentatives amateurs étaient considérées comme aussi sympathiques que marginales.
Certaines pratiques comme le troc ont d’ailleurs toujours existé. A échelle microscopique. Utopie en boboland, aux marges du système. Internet et ses réseaux sociaux, ses plateformes permettant une fantastique diffusion et confrontation de la demande à l’offre ont sensiblement changé la donne. D’amical service de proximité, le covoiturage – comme l’auto-partage – se sont ainsi industrialisés, à la satisfaction de centaines de milliers d’adeptes. Sur le Web, le partage est partout. Reste à l’organiser.

Justement, sur la plateforme “ouishare” qu’il a cocréée, Antonin Léotard veut fédérer une communauté dédiée à ce type d’économie alternative. Au départ, un blog collaboratif quelque peu idéaliste sur l’économie de partage s’est transformé pour satisfaire l’engouement en véritable plateforme dédiée à une communauté afin de mettre en relation ceux qui voulaient échanger biens et services et fédérer tous les acteurs de cette économie : entrepreneurs, utilisateurs, plutôt orientés développement durable, optimisation des actifs. Enthousiasme des défricheurs, aspiration assez générationnelle. Les trentenaires figurent de façon largement dominante. “Nous avons des projets au budget conséquent en développement, notamment dans le domaine de la mobilité”, précise-t-il.

L’intermédiaire, un rôle capital :
Ce système brise la chaîne verticale et hiérarchique des intermédiaires pour des échanges plus directs... et horizontaux. Mais ce C to C triomphant ne doit pas faire oublier un acteur déterminant, ce B comme business qui joue les intermédiaires en organisant les transactions. Le coût de ces dernières a d’ailleurs étrangement fondu en se dématérialisant. Ce qui explique leur diffusion de masse.
Garant de la confiance, son rôle est décisif. Il lui faut atteindre une certaine masse critique pour que la visibilité des offres montent en puissance et s’imposent face aux sites concurrents. “Elément clé de toutes ces nouvelles équations, les plateformes d’intermédiation, ce catalyseur rendant possible ce qui était impensable il y a quelques années à peine. Elles deviennent le nœud de cette nouvelle relation triangulaire. La technologie ayant à la fois fait drastiquement chuter le coût des transactions tout en démultipliant la visibilité des offres d’échanges”, explique Bertrand Pointeau chez Bain.

L’épreuve de vérité, le litige :
La recette ? Pour ces start-up, l’important est d’atteindre au plus vite la masse critique, la prime au plus important est décisive selon la loi économique du rendement croissant. Les effets de seuil et de taille critique jouent un rôle crucial pour ces sites devenus foisonnants.
“Ces activités ne vont pas rester aux marges, de nouvelles filières dans certains secteurs vont se poser en concurrents d’acteurs traditionnels comme on le voit déjà dans le conflit opposant brocanteurs et antiquaires à Ebay. Les premiers ont l’obligation de fournir un cerificat d’authenticité, pas le second”.
Ce changement de paradigme de l’économie horizontale où la valeur est dans l’usage, pas dans le produit, provoque un clivage entre les métiers classiques et les nouveaux métiers, en menaçant les premiers. Dans cette phase d’apprentissage en croissance, il faut mesurer l’impact de cette nouvelle concurrence sur les entités traditionnelles. Elles ont déjà provoqué quelques réactions. Comme ce procès intenté à un New-Yorkais qui louait, grâce à Airbnb, son appartement pendant ses voyages.
A l’heure où justement, à titre d’exemple, le parc des voitures à louer de particulier à particulier s’impose comme plus important que les flottes de certains loueurs comme Avis ou Hertz, de première grandeur.
Le droit de propriété se trouve bousculé, démembré. Le litige, voilà l’épreuve de vérité. La mise à disposition d’un bien, quel qu’il soit, contre espèces sonnantes, met en évidence des problèmes de responsabilité et d’assurances dus aux risques liés à la sécurité.
Souvent dépendants de l’implication de l’intermédiaire, garant de la confiance entre les particuliers. Dans cette phase d’apprentissage, tout est à construire. Les garanties apportées au consommateur sont balbutiantes, les responsabilités pas encore bien définies. La concurrence pourrait être faussée sur certains marchés. Alors, réglementer au risque de brider l’essor d’une économie prometteuse, un mode de consommation vertueux qui tisse le lien social ? Laisser faire la destruction créatrice afin de renouveler les business models les plus traditionnels ?

Confiance :
“Le grand paradoxe : nous sommes dans une société actuellement dominée par la défiance tandis que la réussite de ce type d’économie repose essentiellement sur la confiance. Le fait que ces nouvelles activités échappent à l’impôt ne va pas tarder à les placer dans le collimateur d’un Bercy à l’appétit fiscal renouvelé. Mais leur éventuel encadrement juridique ne doit pas brider ce jaillissement de créativité dont l’une des principales qualités est d’être venu de la base. 

Par Patrick Arnoux

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Voir les initiatives des jardins partagé et autres dans un autre article à ce jour.



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