dimanche 21 septembre 2014

21/09 - CUBA - LE BLOCUS ET SES EFFETS SUR LA FRANCE.
Le Monde - Par Cécile Chambraud (envoyée spéciale à La Havane)
2 mai 2014

L'économie cubaine est entravée par un embargo américain mis en place en 1962 et consolidé plusieurs fois depuis.La procédure lancée contre la BNP par les autorités américaines est notamment fondée sur des transactions liées à des activités commerciales avec Cuba. Après d'autres, la banque française se heurte aux effets de l'embargo américain qui pénalise les entreprises étrangères qui veulent travailler avec l'ile. Consolidé à partir de 1962 par un empilement de législations (dont les lois Torricelli de 1992 et Helms-Burton de 1996), l'embargo entrave aujourd'hui de manière bien réelle l'économie cubaine. Le gouvernement  le qualifie de « blocus » et ne cesse de dénoncer son application « extraterritoriale », c'est-à-dire à des entreprises non américaines travaillant hors du territoire américain.

L'embargo interdit les exportations des Etats-Unis vers Cuba, à l'exception, depuis une quinzaine d'années, de certains médicaments et des produits alimentaires. Les Etats-Unis sont d'ailleurs devenus le premier fournisseur de denrées alimentaires de l'ile. Mais les autorités cubaines doivent les payer comptant et en liquide. Cuba ne peut en outre pas importer de biens dont au moins 10 % des composants sont américains, ce qui prive l'île d'un grand nombre de produits incorporant de la technologie américaine, notamment informatique. Le gouvernement de l'île se plaint des surcoûts qu'entraîne pour lui l'obligation de se fournir sur des marchés lointains.

CONDAMNATION DE L'ONU
L'embargo est aussi financier. Cuba ne peut effectuer de transactions internationales en dollars ni détenir de compte dans cette monnaie dans les banques de pays tiers. Dans son dernier rapport aux Nations unies – l'Assemblée générale a condamné l'embargo à de multiples reprises – « sur la nécessité de lever le blocus » (juillet 2013), le gouvernement cubain accuse l'administration Obama d'avoir fait de « la traque contre les transactions financières internationales cubaines l'un des traits dominants de l'application du blocus ». Les diplomates européens en poste dans l'ile dénoncent les procédures lancées contre des banques européennes.

« A cause du blocus, accuse Pedro Pedroso Cuesta, sous-directeur au ministère cubain des relations extérieures, les entreprises qui veulent travailler à Cuba doivent bénéficier de l'appui de leur Etat. » C'est ce que fait le Brésil, qui investit massivement dans le développement du port de Mariel (à l'ouest de La Havane). « Nous ne sommes pas soumis à l'embargo, tranche Cesario Melantonio Neto, l'ambassadeur brésilien à Cuba. Nous ne suivons pas les boycotts unilatéraux. Nos entreprises sont appuyées par le gouvernement brésilien. » Mais l'embargo pourrait grever l'ambition des autorités cubaines de Mariel, la plaque tournante des échanges maritimes dans la Caraïbe. En effet, il interdit aux navires qui touchent Cuba d'accoster aux Etats-Unis pendant les six mois qui suivent.




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