jeudi 18 septembre 2014

18/09 - CUBA - FIDEL CASTRO 
NOUS PARLE DE CHE GUEVARA

Ernesto Guevara de la Serna est né le 14 juin 1928 à Rosario, en Argentine.

En juin 1953, il reçoit son diplôme de médecin. Un mois plus tard, il traverse l'Argentine, la Bolivie, le Pérou, l'Équateur et s'arrête au Guatemala, à la fin 1953 où il forge sa culture marxiste et où il rencontre Hilda Gadea qui sera sa première femme. 

Puis, en juillet 1955, il rencontre Fidel Castro et accepte de participer au débarquement à Cuba, en tant que médecin. Le 2 décembre 1956, ils débarquent en catastrophe sur la côte est de Cuba : c'est le début de la guérilla, de la Sierra Maestra. Ensuite, le 21 juillet 1957, Fidel Castro le nomme "Commandant" de la guerrilla : au fur et à mesure des batailles contre Batista, il devient un héros aux yeux des cubains et le symbole de la résistance à l'impérialisme américain. 

Il épouse Aleida March le 2 juin 1959: ils auront quatre enfants. Puis, Fidel lui confie différents postes et part dans différents pays pour prôner ses idées révolutionnaires.

Le 14 mars 1955, il fait sa dernière apparition publique à la Havane avant de démissionner en avril 1955. 

Il quitte alors la Havane pour le Congo, avec un détachement de combattants cubains. Mais en novembre 1955, le président du Congo leur demande de partir. Il passe donc à Dar-es-Salaam et Prague avant de rentrer à la Havane en juillet 1956 où il reste clandestin et prépare la guérilla de Bolivie. 

Il part pour la Bolivie en octobre 1966, sous le nom de "Ramon". Mais, le 8 octobre, il est blessé et capturé par les rangers boliviens et emprisonné dans la petite école de la Higuera. 

Il est exécuté à la Higuera sur ordre du gouvernement bolivien.

Vidéos : 
Interview de Fidel Castro en 2012 :
Régis Debray

L'interview de Che Guevara (1964) :

JP Sartre a dit de lui que c'était l'home le plus complet de son époque. Il était à lui seul tous les ministères et était un homme de terrain.
En avril 1964, l'équipe de l'émission Point, conduite par le journaliste Jean Dumur, rencontre Ernesto "Che" Guevara à l'Hôtel Intercontinental, à Genève. Il occupe alors le poste de ministre de l'industrie et se trouve à Genève pour une conférence internationale. C'est pourquoi le "Che" s'exprime en français. A notre connaissance, c'est la seule interview faite en français de Guevara.
Avec décontraction, "Che" Guevara évoque les questions essentielles de la politique cubaine, notamment les conséquences du blocus américain, le rapprochement avec l'URSS et les perspectives d'une extension de la révolution en Amérique latine.
Une année après cette interview, il quitte ses fonctions ministérielles pour organiser la guerre révolutionnaire en Amérique latine. Le 8 octobre 1967, il est arrêté par l'armée bolivienne et exécuté le lendemain.

Lettre d’adieu du Che à Fidel Castro.
LA HAVANE 1965, lorsqu'il part au Congo.


Fidel,
Je me souviens en ce moment de tant de choses : du jour où j'ai fait ta connaissance chez Maria Antonia, où tu m'as proposé de venir et de toute la tension qui entourait les préparatifs. Un jour, on nous demanda qui devait être prévenu en cas de décès, et la possibilité réelle de la mort nous frappa tous profondément. Par la suite, nous avons appris que cela était vrai et que dans une révolution il faut vaincre ou mourir (si elle est véritable). De nombreux camarades sont tombés sur le chemin de la victoire.

Aujourd'hui, tout a un ton moins dramatique, parce que nous somme plus mûrs ; mais les faits se répètent. J'ai l'impression d'avoir accompli la part de mon devoir qui me liait à la Révolution cubaine sur son territoire, et je prends congé de toi, des compagnons, de ton peuple qui est maintenant aussi le mien.

Je démissionne formellement de mes fonctions à la Direction du Parti, de mon poste de ministre, je renonce à mon grade de commandant et à ma nationalité cubaine. Rien de légal ne me lie plus aujourd'hui à Cuba en dehors de liens d'une autre nature qu'on n'annule pas comme des titres ou des grades.

En passant ma vie en revue, je crois avoir travaillé avec suffisamment d'honnêteté et de dévouement à la consolidation du triomphe révolutionnaire. Si j'ai commis une faute de quelque gravité, c'est de ne pas avoir eu plus confiance en toi dès les premiers moments dans la Sierra Maestria et de ne pas avoir su discerner plus rapidement tes qualités de dirigeant d'hommes et de révolutionnaire.

J'ai vécu des jours magnifiques et j'ai éprouvé à tes côtés la fierté d'appartenir à notre peuple en ces journées lumineuses et tristes de la Crise des Caraïbes. Rarement, un chef d'Etat fut aussi brillant dans de telles circonstances, et je me félicite aussi de t'avoir suivi sans hésiter, d'avoir partagé ta façon de penser, de voir et d'apprécier les dangers et les principes.

D'autres terres du monde réclament le concours de mes modestes efforts. Je peux faire ce qui t'est refusé, en raison de tes responsabilités à la tête de Cuba et l'heure est venue de nous séparer.
Je veux que tu saches que je le fais avec un mélange de joie et de douleur; je laisse ici les plus pures de mes espérances de constructeur et les plus chers de tous les êtres que j'aime...et je laisse un peuple qui m'a adopté comme un fils. J'en éprouve un déchirement. Sur les nouveaux champs de bataille je porterai en moi la foi que tu m'as inculquée, l'esprit révolutionnaire de mon peuple, le sentiment d'accomplir le plus sacré des devoirs : lutter contre l'impérialisme où qu'il soit ; ceci me réconforte et guérit les plus profondes blessures.
Je répète une fois encore que je délivre Cuba de toute responsabilité, sauf de celle qui émane de son exemple. Si un jour, sous d'autres cieux, survient pour moi l'heure décisive, ma dernière pensée sera pour ce peuple et plus particulièrement pour toi. Je te remercie pour tes enseignements et ton exemple ; j'essaierai d'y rester fidèle jusqu'au bout de mes actes. J'ai toujours été en accord total avec la politique extérieure de notre Révolution et je le reste encore. Partout où je me trouverai, je sentirai toujours peser sur moi la responsabilité d'être un révolutionnaire cubain, et je me comporterai comme tel. Je ne laisse aucun bien matériel à mes enfants et à ma femme, et je ne le regrette pas ; au contraire, je suis heureux qu'il en soit ainsi. Je ne demande rien pour eux, car je sais que l'Etat leur donnera ce qu'il faut pour vivre et s'instruire.

J'aurais encore beaucoup à te dire, à toi et à notre peuple, mais je sens que c'est inutile, car les mots ne peuvent exprimer ce que je voudrais, et ce n'est pas la peine de noircir du papier en vain.
Jusqu'à la victoire, toujours.  La Patrie ou la Mort !
Je t'embrasse avec toute ma ferveur révolutionnaire
ERNESTO CHE GUEVARA



Lettre de Fidel Castro au  Che, au Congo, lui demandant de revenir à Cuba malgré sa lettre d’Adieu :

Alors que le Che était en plein activité combattante sur la terre du Congo, la révolution cubaine, qui avait gardé le plus longtemps possible une absolue discrétion sur les activités internationalistes auxquelles il se consacrait – en supportant stoïquement des mois durant un déluge de calomnies -, décide, alors que se forme le premier comité central du Parti, de rendre publique sa lettre d’adieu, car il était impossible de ne pas expliquer au peuple cubain et au monde entier l’absence de celui qui avait été l’un des plus solides et des plus légendaires héros de la révolution.

Dans ses notes, le Che arrive à la conclusion que la divulgation de cette lettre l’a éloigné des camarades cubains : « Il y avait certaines choses que nous ne partagions plus, certaines aspirations communes auxquelles de façon tacite ou explicite j’avais renoncé et qui sont pour tout homme ce qu’il y a de plus sacré : sa famille, son pays, son milieu ». Si tel était son état d’esprit, on imagine à quel point ce fut difficile pour le camarade Fidel d’obtenir qu’il revienne à Cuba. A plusieurs reprises, il lui écrit pour tenter de le convaincre et finit par y arriver à coups d’arguments solides.

En juin 1966, il lui adresse une lettre inédite à ce jour :

Cher Ramon,

Les évènements ont été plus rapides que mes projets de lettre. J’avais lu entièrement le projet de livre sur ton expérience au Congo et aussi, à nouveau, le manuel sur la guérilla, afin de pouvoir faire la meilleure analyse possible de la question, surtout compte tenu de l’intérêt pratique lié aux plans sur la terre de Carlitos (Carlos Gardel). Même s’il n’est pas opportun pour le moment que je te parle de ces questions, je voudrais te dire que le travail sur le Congo m’a paru extrêmement intéressant et je crois que l’effort que tu as fait pour laisser un témoignage écrit de tout cela vaut vraiment la peine (…).

Sur ta situation.

Je viens de lire ta lettre à Bracero (Osmany Cienfuegos) et de parler longuement avec la doctoresse (Aleida march).
A l’époque où une agression paraissant imminente ici, j’ai suggéré à plusieurs camarades l’idée de te proposer de venir ; idée à laquelle en fait tout le monde avant déjà pensé. Le Gallego (Manuel Piñeiro) s’est chargé de sonder ton opinion. D’après ta lettre à Bracero, je vois que tu pensais exactement la même chose. Mais en cet instant précis, nous ne pouvons plus élaborer de plans là-dessus car, comme je te le disais, notre impression est que, pour le moment, il ne va rien se passer.
Cependant il me semble que, vu la délicate et inquiétante situation où tu te trouves là-bas (à Prague), tu dois, de toute façon, voir s’il ne conviendrait pas que tu viennes faire un tour par ici.

Je suis tout à fait conscient que tu es particulièrement réticent à envisager toute alternative qui implique un passage par Cuba, sauf dans le cas très exceptionnel que je viens de mentionner. Cependant, si on analyse de façon froide et objective, cela fait obstacle à tes projets ; et pire encore, cela les mets en péril. Je n’arrive pas à accepter l’idée que cela puisse être correct et même justifié d’un point de vue révolutionnaire. Ton séjour au fameux point intermédiaire augmente les risques ; il rend beaucoup plus difficile la réalisation des tâches pratiques ; au lieu d’accélérer, il retarde la réalisation des plans et te soumet, en plus, à une attente inutilement angoissante, incertaine, impatiente.

Et tout cela pourquoi et dans quel but ?

Aucune question de principe, d’honneur ou de morale révolutionnaire ne t’empêche d’utiliser de façon efficace et rationnelle les facilités dont tu disposes réellement ici pour atteindre tes objectifs. Utiliser les avantages objectifs que constitue le fait de pouvoir entrer et sortir d’ici, coordonner, planifier, sélectionner et entraîner des cadres, et faire depuis ici tout ce que, même en travaillant à fond, tu ne peux faire que de façon déficiente là-bas ou dans un autre endroit similaire, ne signifie aucune fraude, aucun mensonge, aucune tromperie envers le peuple cubain ou le monde. Ni aujourd’hui, ni demain, ni jamais personne ne pourra considérer cela comme une faute, et toi moins que quiconque face à ta propre conscience. Ce qui en revanche constituerait une faute grave, impardonnable, ce serait de mal faire les choses alors qu’on aurait pu bien les faire. Connaître l’échec alors que toutes les possibilités du succès sont données.

Je n’insinue pas, même de loin, un quelconque abandon ou retard des plans et je ne me laisse pas envahir par des considérations pessimistes face aux difficultés. Tout au contraire, c’est parce que je crois que les difficultés peuvent être surmontées et que nous disposons plus que jamais de l’expérience, de la conviction et des moyens pour mener à bien les plans avec succès, que je soutiens que nous devons l’usage le plus rationnel et le meilleur des connaissances, des ressources et des facilités dont nous disposons. Depuis que tu as conçu cette idée déjà ancienne de poursuivre l’action sur une autre scène, as-tu réellement pu disposer une seule fois de temps pour te consacrer entièrement à la question, pour concevoir, organiser et exécuter les plans dans toute leur potentialité ? (…)

Dans ce cas, c’est un énorme avantage pour toi que de pouvoir disposer de maisons, de fermes isolées, de montagnes, d’ilots désertiques et d’absolument tout ce qui est nécessaire pour préparer et diriger personnellement les plans, en consacrant à cela cent pour cent de ton temps, en t’appuyant sur autant de personnes que tu auras besoin, alors même que seul un nombre extrêmement limité de personnes saura où tu te trouves. Tu sais parfaitement que tu peux disposer de ces facilités, qu’il n’existe pas la moindre possibilité que, pour des raisons d’état ou de politique, tu sois confronté à des difficultés ou des interférences. Le plus difficile – la déconnexion officielle – a déjà été réussi, non sans avoir dû payer un certain prix : intrigues, calomnies etc.

Est-il juste de ne pas tirer tout le profit possible de cela ?

Un révolutionnaire a-t-il jamais disposé de conditions aussi idéales pour remplir sa mission historique à un moment où cette mission a une telle importance pour l’humanité, alors que commence le plus décisif et le plus crucial des combats pour le triomphe des peuples ? (…)

Pourquoi ne pas bien faire les choses, alors que nous avons tout pour cela ? Pourquoi ne prenons-nous pas le minimum de temps nécessaire, tout en travaillant le plus vite possible ? Marx , Engels, Lénine, Bolivar, Marti, n’ont-ils pas eux-mêmes dû attendre, et parfois des décennies ?

A cette époque n’existaient ni l’avion ni la radio ni les autres moyens qui raccourcissent les distances et augmentent le rendement de chaque heure de la vie d’un homme. Nous autres, nous avons dû attendre dix-huit mois au Mexique avant de revenir ici. Et moi, je ne te parle pas d’attendre des décennies, ni même des années mais quelques mois, car je crois qu’en quelques mois, en travaillant de la façon dont je te le suggère, tu peux te remettre en route dans des conditions extraordinairement plus favorables que celles que nous essayons d’obtenir en ce moment.

Je sais que tu vas avoir trente huit ans le 14. Crois-tu par hasard qu’un homme est déjà vieux à cet âge ?

analyses sérieusement, tu me donneras raison, avec l’honnêteté qui te caractérise. Mais même si tu adoptais une autre décision totalement distincte, je ne me sentirais pas trahi. Je t’écris cela avec l’affection la plus profonde, la plus grande et la plus sincère admiration pour ta lucidité et ta noble intelligence, ta conduite irréprochable et ton caractère inébranlable de révolutionnaire intègre, et le fait que tu puisses envisager les choses d’une autre façon ne changera pas d’un iota ces sentiments et n’aura aucune conséquence sur notre coopération.

Fidel Castro

La magnifique chanson : 
Comandante che guevara
https://www.youtube.com/watch?v=9_JyaoevEwI


N’oubliez pas de signer et faire suivre la lettre pour remercier et encourager Poutine qui est en train de nous éviter la 3ème guerre mondiale.
Soutenons ces hommes de coeur, genre Chavez, Castro, Poutine quand ils ont toute la presse aux mains des banksters contre eux.
En de nombreuses langues ici :

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